Archive for the ‘ Ben Gastauer ’ Category

Ben Gastauer genéisst Zäit mat Famill a studéiert fir Kiné

NO DER VËLOSKARRIÄR

Ben Gastauer genéisst Zäit mat Famill a studéiert fir Kiné

Vu(m) Christophe Hochard (RTL Télé)

Am September d’lescht Joer war de Ben Gastauer eng leschte Kéier als Vëlosprofi op de Stroossen ënnerwee.

De Ben Gastauer genéisst ablécklech d’Familljeliewen. Mat sengen 2 Kanner, dem Sienna 6 Joer an dem Sydney 3, verbréngt de fréiere Vëlosprofi vill Zäit.

Als Profi huet de fréiere Coureur vill aus der Wallis gelieft. Iwwer d’Joer blouf wéineg Zäit fir d’Famill. Trainingsstagen a Courssen hunn dëst quasi onméiglech gemaach. Elo gëtt dës Zäit nogeholl.

Am September d’lescht Joer war de Ben Gastauer eng leschte Kéier als Vëlosprofi op de Stroossen ënnerwee. Den Tour de Luxembourg war dem Schëfflenger seng leschten Etappecourse. D’Decisioun, de Vëlo un de Nol ze hänken, hat den Athlet awer scho Woche virdru geholl. Dobäi hat d’Saison 2021 nach gutt ugefaangen.

Wärend 12 Joer huet de Ben Gastauer säi Brout als Vëlosprofi verdéngt. Vill Sacrificer fir säi Sport gemaach an de Profi huet sech ëmmer an den Déngscht vu senger Ekipp gestallt. Vill flott Erënnerunge bleiwen deem sympathesche Sportler am Gediechtnes.

De Sport feelt dem Ben net. Hien huet de Vëlo duerch d’Bicher getosch. Op der Lunex studéiert de fréiere Profi fir Kiné. 5 Joer laang daueren dës Studien. De 34 Joer ale Schëfflenger ass aktuell am 1. Joer. D’Coursen zu Uewerkuer an der Schoul sinn all op Englesch.

© Christophe Hochard / RTL

Exposition à la ‘ Veiner Konstgalerie ‘

Save the date :

Vous êtes cordialement invité(e)s

au vernissage de notre exposition

à la ‘ Veiner Konstgalerie ‘ à Vianden

le dimanche 11 septembre

à partir de 15:00

http://www.gastauer.lu

Le Fan Club Ben Gastauer a fait cadeau aux coureurs de la LP07

Récemment le Fan Club Ben Gastauer a fait un don matériel aux coureurs de la LP07 de Schifflange, le club de Ben Gastauer.

Lors d’une petite réception, Ben a remis des jambières, des manchettes, des gants et des bidons aux jeunes cyclistes et il leur a souhaité bonne chance pour les championnats nationaux qui se dérouleront ce weekend à Nospelt.

Claudine Arendt / Karlien van Leeuwen / Sven Gastauer : Sound & Shadows

Explorer la céramique avec la science :
Sound & Shadows

un projet de

Claudine Arendt / Karlien van Leeuwen / Sven Gastauer


Comment fabriquer des tasses en céramique grâce aux signaux ultrasoniques en écho des créatures sous-marines ?

C’est tout l’enjeu du projet Sound & Shadows.

Il s’agit d’interroger notre rapport à la nature et l’apport des technologies dans l’artisanat d’art.

Démonstration

Claudine Arendt / Karlien van Leeuwen / Sven Gastauer

Le 27, 28, 29 mai et le 5 juin 
De 14h à 18h
Entrée libre

Conférence & démonstration

Claudine Arendt / Karlien van Leeuwen / Sven Gastauer
 

Le 3 et 4 juin
à 14h
Sur inscription ici

1535° Creative Hub
115 rue Emile Mark – Differdange
Bâtiment B




Dans le cadre d’Esch2022, Capitale Européenne de la Culture.

Face B avec Ben Gastauer

FACE B – DÉCOUVREZ LA FACE CACHÉE DES PERSONNALITÉS

Face B avec Ben Gastauer, ex-cycliste pro

Auteur: Jérôme Didelot

https://5minutes.rtl.lu/photos-et-videos/face-b/a/1893211.html

Il a quitté les circuits, mais reste en prise avec la musique qui lui a donné des ailes, sur les routes du Tour de France ou ailleurs…

Qu’elles aient bercé notre enfance, qu’elles enchantent nos journées où qu’elles soient devenues des compagnes pour la vie, les chansons jalonnent notre existence.

La devise de Face B pourrait être: « Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai qui tu es ».

Dans cet épisode, c’est un ancien cycliste professionnel du climat qui s’est prêté au jeu. Ben Gastauer a fait les beaux jours de l’équipe AG2R La Mondiale pendant plus d’une décennie. En 2021, une blessure – un problème de plancher pelvien – contraint le coureur de 33 ans à mettre fin à sa carrière professionnelle.

« J’ai pu arrêter à un moment où j’étais encore heureux sur un vélo et avec l’équipe, nous a-t-il confié. C’était également le bon moment par rapport à ma vie de famille. Ma famille est très heureuse que je sois maintenant plus souvent à la maison. Les enfants ne supportent plus que je parte ne serait-ce qu’une journée, alors qu’avant je pouvais partir jusqu’à deux semaines.« 

Pendant les compétitions, les coureurs ne sont pas autorisés à écouter de la musique. Pourtant de nombreuses chansons ont accompagné le Luxembourgeois lorsque le vélo était son métier.

« La musique m’aidait beaucoup, pour la préparation, l’entraînement, pour la concentration sur l’effort à venir. Et même après le courses, pour faire retomber la tension, se détendre et retrouver le calme. »

LA PLUPART DES COUREURS QUI VIENNENT ROULER ICI SONT SURPRIS

Sur la réussite historique des cyclistes luxembourgeois, Ben Gastauer n’a pas vraiment d’explication même s’il estime que « la Fédération fait un bon travail, il y a un bon accompagnement des jeunes. Tout le monde pense que le Luxembourg est plat mais c’est tout le contraire. La plupart des coureurs qui viennent rouler ici sont surpris par la dureté des routes. C’est un bon terrain de préparation aux grandes courses.« 

Aujourd’hui Ben, père de deux enfants de cinq et trois ans, a de nouveaux projets. L’ancien cycliste a repris des études pour devenir kinésithérapeute: « Je savais que ça allait s’arrêter un jour et je n’ai pas de regrets. Bien sûr, je suis toujours les courses de vélo mais je ne vais pas jusqu’à envier les coureurs… Je n’ai plus vraiment envie d’être à leur place! Pendant la carrière, je ne parlais jamais de sacrifice car j’aimais ce métier et je savais pourquoi je le faisais. Mais ce qui est drôle aujourd’hui, c’est que je conçois qu’on puisse envisager cela comme des sacrifices… Des sacrifices que je ne voudrais plus faire.« 

JEMPY DRUCKER ET BEN GASTAUER (2/2)

Entretien avec le journaliste du Quotidien Denis Bastien

RENCONTRE DES SPORTS 

Suite et fin de notre interview croisée entre Ben Gastauer (34 ans) et Jempy Drucker (35 ans) qui continuent ici de débriefer sur leurs longues carrières et le cyclisme actuel. Le futur entraîneur et le futur kinésithérapeute continuent d’échanger à bâtons rompus.

JEMPY DRUCKER ET BEN GASTAUER (2/2)

Alors, on se revoit quand?», lancent-ils en chœur. «Quand vous vous voulez…», serions-nous tenté de répondre, tant la qualité de l’échange fut à la fois intense et décontractée. Très riche. À l’image de nos deux interlocuteurs qui sont restés comme au long de leurs carrières d’une simplicité presque désarmante. Pour rappel, la première partie fut consacrée à leurs vies actuelles de jeunes retraités, à leur avenir qu’ils sont en train de façonner. On penche davantage, pour terminer sur l’actualité du cyclisme international et national. Après l’entretien qui s’est prolongé pendant presque une heure de manière informelle sur un ton badin, on s’est d’ailleurs aperçu qu’on n’avait pas eu le temps d’évoquer Bob Jungels et son début de saison. Jempy Drucker, comme Ben Gastauer, sont unanimes. «On voit bien qu’il est de retour, il manque juste pour le moment d’un peu de confiance, il ne lui manque pas grand-chose et comme c’est un grand champion, il va le faire. Laissons-lui juste un peu de temps!» On ne voit plus rien à ajouter…

Quelle analyse portez-vous face à ce phénomène où on voit carrément des juniors arriver dans de grandes équipes pros et à 19 ans, comment par gagner de grandes courses. Ainsi, dimanche dernier, Biniam Girmay vient de remporter Gand-Wevelgem à 21 ans. Jempy Drucker : Il faut apporter du professionnalisme dès les plus jeunes, chez les débutants. Les juniors connaissent déjà beaucoup de choses sur l’entraînement, le métier de coureur cycliste professionnel. Ben Gastauer : Moi, j’ai appris ce métier de coureur professionnel au centre de formation de Chambéry. J’étais en dernière année espoirs. Après, la transition avec les pros était déjà compliquée. Et si je regarde ma première année chez les pros, c’était beaucoup moins pro qu’aujourd’hui. Cela a beaucoup évolué en dix ans. Aujourd’hui, un junior est au point au niveau des entraînements. Cela n’était pas le cas à notre époque. Pire, certains jeunes arrivaient dans l’équipe avec plus de connaissances sur les nouvelles méthodes d’entraînement que les plus anciens. J. D. : On doit en tenir compte pour la formation de nos coureurs. On n’a plus le temps d’attendre…

B. G. : Oui, il faut trouver le bon équilibre, être très tôt professionnel, mais il ne faut pas non plus oublier les études et le projet de vie. C’est d’ailleurs tout à fait possible de combiner les deux aspects, même chez les pros d’ailleurs. Et le risque existe de passer professionnel jeune et que la carrière s’arrête. On le voit avec les arrêts prématurés. On demande de vous que vous soyez très vite au niveau. Si on ne l’est pas, alors c’est compliqué de rester dans le circuit, d’autres jeunes arrivent. C’est aussi une conséquence, les équipes laissent de moins en moins le temps aux jeunes de se développer. Si on est un jeune pro, il ne faut pas se rater.

Vous-mêmes, si vous étiez passés professionnels aussi jeunes, vous n’auriez peut-être pas duré jusqu’à vos 34 (pour Ben Gastauer) et 35 ans (pour Jempy Drucker), non? On ne se brûle pas plus vite en passant professionnel très jeune? B. G. : Mentalement, c’est sûr, physiquement, pas forcément. La tendance actuelle est de moins courir au niveau du nombre de jours de course, mais par contre l’intensité est plus forte. Il faudra voir avec le temps ce que cela donnera.

J. D. : C’est clair, il n’y a plus de course de préparation aujourd’hui, toutes les courses se courent à fond. B. G. : Il n’y a pas longtemps, on avait beaucoup de jours de course, mais toutes les courses n’étaient pas si intenses. J. D. : Oui, il y a des courses où on se baladait une bonne partie des étapes. B. G. : Même sur les grands tours, on a vu le changement. Les 21 étapes se passent à bloc. Les dernières éditions, c’était comme ça, on avait l’impression que chaque jour, il y avait quelque chose qui pouvait arriver. J. D. : Oui, la moindre côte, il faut désormais la monter à fond. Bam, Bam, et on va voir! Des fois, il n’y a presque plus de tactique. B. G. : Tout le vélo a changé en effet. Tout est devenu plus professionnel, mais aussi plus intense et plus dur. J. D. : L’an passé, j’en parlais avec Elia Viviani (NDLR : le sprinteur italien qui était son ancien coéquipier chez Cofidis, est reparti chez Ineos). Il me disait qu’on serait la dernière génération de coureurs qui iraient au-delà de 30 ans. À l’avenir, les coureurs prendront leur retraite à 30 ans. Ça va venir. Si tu passes pro à 20 ans, tu fais dix ans et c’est fini. Tous les stages d’altitude, ça crée par exemple du stress pour le corps. B. G. : En fin de carrière, j’ai vu des jeunes arriver. Pour eux, c’était normal de vivre ça. Alors que pour moi, ce n’était pas normal. Les trois stages en altitude que j’ai faits ne m’ont pas apporté des résultats significatifs, donc j’avais décidé de ne plus en faire. Mais pour les jeunes, c’était normal de partir tout le temps en altitude et même de faire de la tente hypoxique à la maison. Pour moi, c’était hors de question de faire ça! Je disais aux jeunes, moi je ne vais pas faire de camping avec ma femme à la maison (il rit). C’est hors de question. Eux, ils ont appris le vélo comme ça, mais pas moi…

J. D. : Oui, ma femme m’avait prévenu, tu ne vas mettre une tente dans la chambre, tu n’es pas fou (il rit)?. Elle avait raison. Il y a des sacrifices à faire et aussi des limites. Il y a des choix à faire et je ne regrette pas les miens. B. G. : J’ai vécu le vélo comme je voulais, mais aujourd’hui, cela ne serait plus possible. On était dans la bonne génération. On pouvait profiter. J. D. : Oui on pouvait prendre une bière après une course, aujourd’hui, cela n’existe plus comme ça. Je me souviens de Roubaix 2017 que Greg (Van Avermaet) vient de gagner. Le soir, on était assis sur la table jusqu’à 22 h à refaire la course. Aujourd’hui, tout le monde aurait le nez dans son téléphone, sur son compte Instagram et son fil Twitter. Il n’y a plus de discours. Nous, on a connu l’ancienne génération et sur la fin, on pouvait se demander : « mais qu’est-ce que je fais ici? ». B. G. : Moi, lors des voyages en TGV, on se retrouvait dans le wagon-bar, à la fin, ce n’était plus le cas. Chacun restait dans son coin. J. D. : Même dans les chambres, chacun regarde sa série Netflix.

Finalement, vous êtes heureux d’en être sortis, non?(Ils rient)

J. D. : Bien sûr, pour le moment, je n’ai pas regardé une seule course où je me suis dit que j’aurais bien aimé être dedans. B. G. : Moi, c’est pareil pour le moment, je n’ai pas eu de nostalgie, je n’ai pas eu l’envie d’être sur telle ou telle course. J. D. : Même pour les classiques. Je sais que j’ai eu mon temps. Et c’est bien comme ça. Ce que je regrette toutefois, c’est le manque d’ambiance que nous avons connu les deux dernières saisons avec les restrictions liées à la crise sanitaire. C’était devenu un peu triste. Là, quand je vois que le public est à nouveau là en Flandre, ça fait envie. Avec les monts remplis de public, le Tour des Flandres, ce sera de nouveau une énorme fête. Si tu connais ça, c’est très impressionnant.

20220329, café Babbocaffé à Esch-sur-Alzette au 26 rue des remparts, Interview avec Jempy Drucker et Ben Gastauer, foto: Editpress Feller Tania

Vous avez regardé toutes les classiques?

J. D. : La plupart oui, mais uniquement le final. Je n’ai pas manqué Harelbeke. Mais pour le moment, il n’y a pas eu un jour où je me suis dit, il faut absolument que je voie ça… B. G. : C’est la même chose pour moi. Je n’ai pas regardé une course entièrement depuis que j’ai arrêté. J. D. : Quand tu connais, tu regardes le plus important. B. G. : Cela fait du bien de revoir des courses, mais sans regret de ne pas être au départ. Et lorsque ça paraît dur, qu’il pleut, je me dis que c’est quand même bien d’être à la maison. J’ai un peu perdu ce truc de devoir me faire mal tout le temps. J. D. : On sait ce que c’est. Chaque chose prend une fin. C’est fini désormais, le chapitre est vraiment terminé. Je peux regarder une course sans regret également. Parfois, on se demande où on se trouverait, mais cela reste une pensée d’une seconde. Pas plus…

Globalement, qu’avez-vous pensé des courses de début de saison?

J. D. : Les Jumbo ont fait beaucoup de bons résultats et on a vu beaucoup de malades. B. G. : Paris-Nice a des dégâts. On en voit encore les effets. J. D. : On a vu de jolies courses avec la domination de Jumbo. Et Pogacar aussi…

Ce qui n’a pas empêché Matej Mohoric de remporter Milan-San Remo…

J. D. : C’est vrai, c’est un malin. Il a su prendre un risque. C’était la gagne ou l’hôpital!

Cela résume-t-il aussi un peu le cyclisme d’aujourd’hui?

J. D. : Il n’y a plus de respect. Je ne suis pas le seul à le dire, mais tous les anciens tiennent ce discours. (Peter) Sagan le dit régulièrement dans des interviews. Lorsque le maillot jaune s’arrête pour un besoin naturel… B. G. : (Il coupe) Ça continue d’attaquer!

J. D. : Il y a de cela seulement cinq ans, cela ne serait jamais arrivé. B. G. : Apparemment, les jeunes pros n’ont pas appris ces règles (il rit). J. D. : Je me souviens que lorsque je suis passé pro, il y avait des gars comme (Tom) Boonen, (Fabian) Cancellara qui étaient très respectés. B. G. : Les anciens nous reprenaient très vite si on faisait des erreurs. Aujourd’hui, on incite plutôt les jeunes coureurs à tenter tout pour ramener des points UCI, la pression est plus forte. Je l’ai ressentie à la fin.

J. D. : Moi, j’ai l’impression que les plus jeunes s’en foutent pas mal. Parfois, j’ai dit à certains qu’ils ne pouvaient pas courir comme ils le faisaient. En passant de la gauche à droite. Sans regarder les autres coureurs. Je leur disais, « tu n’es pas tout seul dans le peloton… ». Si une voiture est mal garée, ils te passent juste avant et rentrent sans un signe dans le peloton. Et ça, quelquefois à cent kilomètres de l’arrivée. Réponse, « va te faire foutre! » ou « c’est la course, hein…“. Maintenant, avec deux enfants à la maison, tu es plus relax dans ton canapé que dans une course où tu risques ta vie. Aussi, à un moment donné, je me suis dit, je veux bien casser la clavicule, mais que ce soit au Tour des Flandres ou sur Paris-Roubaix. Pas sur l’Étoile de Bessèges! Puis dans les courses importantes, je me suis autorisé à prendre des risques à mon tour. Pour certains jeunes, la prise de risque, c’est sur n’importe quelle course. Bien sûr qu’il y a plus d’obstacles sur la route qu’avant, mais beaucoup sont inconscients des risques. On a parfois le sentiment qu’ils sont contents d’entendre le bruit caractéristique des chutes dans le peloton, car cela élimine des concurrents. Seuls les anciens font encore signe sur les différents dangers. B. G. : On le voit également dans les courses par étapes, les coureurs du général se mêlent au sprint et ajoutent du danger. Personne ne veut prendre de cassures. Il y a tellement de pression pour tout le monde…

La pédagogie est-elle une solution? B. G. : Oui, je pense même que les organisateurs doivent faire des efforts sur ce point. J. D. : Cela tombe quand même souvent parce que les coureurs prennent trop de risques, c’est mon avis.

On revient à Matej Mohoric, sans cette prise de risque, il ne remporte pas Milan-Sanremo… J. D. : Mais s’il tombe, il peut se tuer. S’il était tombé dans le virage où il a glissé (NDLR : dans la descente du Poggio), il peut se faire très mal. En pareil cas, on incrimine l’organisation. Si tu prends un risque comme ça, si tu tombes, c’est de ta propre faute. B. G. : Après, il y a quand même des organisateurs qui ne font pas toujours de bons choix de parcours.

Vous vous voyez comme de futurs organisateurs d’épreuves? J. D. : Aider, oui. Organiser, non. B. G. : Oui, pour donner des conseils. J. D. : Parfois, par exemple, c’est bien d’avoir un virage près de l’arrivée, lorsque ça étire un peloton. B. G. : Mais on voit que ça tombe aussi dans des lignes droites. J. D. : Oui, car il y a trop de coureurs qui vont de tous les côtés…

On revient à la course. Qu’avez-vous pensé de vos jeunes compatriotes sur les premières courses?

J. D. : Ils sont bien. Alex (Kirsch) et Kevin (Geniets) sont très forts. B. G. : En Belgique, on les voit, ils font beaucoup de travail. Alex a beaucoup progressé dans les ascensions des monts. J. D. : Je pense que la Vuelta 2021 lui a fait du bien. Avec les classiques reportées en fin de saison en 2020, c’était un manque et l’impossibilité de participer à la Vuelta ou au Giro, c’était compliqué. L’an passé, il a disputé le Tour d’Espagne et je pense qu’il a passé un cap. On l’avait vu sur le Tour de Luxembourg, il avait passé un cap. C’est impressionnant ce qu’il fait pour ses leaders. Kevin aussi. Désormais, ils doivent commencer à penser à eux, chercher une opportunité. Ça fait du bien.

B. G. : Ils ont les jambes pour faire des résultats. J. D. : Kevin a terminé neuvième du Nieuwsblad en 2021. Il doit avoir le déclic pour rester avec les meilleurs jusque dans les derniers kilomètres du final. Il y est presque. Il doit y penser pour la saison prochaine. Regarder les Jumbo. Suivre Laporte quand il sort par exemple. Au lieu d’attaquer seul et en premier. Alex est dans le même cas. Un autre coureur me plaît bien, c’est Luc Wirtgen. B. G. : Oui, il fait de belles choses. Il est toujours là cette année. J. D. : Il fait de bons classements, on ne parle pas beaucoup de lui, mais il a bien progressé, il a un bon style de grimpeur-puncheur. B. G. : D’ailleurs, il a déjà changé. Avant, il cherchait les échappées matinales et ce n’est plus le cas. Il a pris confiance et il court pour faire un résultat.

Vous avez donc des successeurs…

B. G. : Il y a du monde, il faut que ça continue.

J. D. : Oui, il faut que ça continue chez les juniors et les espoirs. Alex (Kirsch) et Bob (Jungels) s’arrêteront également quand viendra leur tour, d’ici quelques années. Ils viendront sur le siège où nous sommes installés.

B. G. : Il ne faut pas s’endormir et former les juniors et espoirs…

Finissons avec le Tour des Flandres qui s’annonce. Quels sont vos favoris?

J. D. : Il y a Van Aert (NDLR : cet entretien a été réalisé mardi avant l’annonce de la maladie du champion de Belgique) et le mystère Pogacar. C’est une course intéressante.

B. G. : Après, tout peut toujours arriver sur le Tour des Flandres.

J. D. : Bon, c’est 250 kilomètres, on va retrouver les mêmes noms qu’on connaît. Sur Paris-Roubaix, une grosse surprise reste possible, pas sur un Tour des Flandres. Je vois bien un Pogacar, s’il arrive à survivre sur le final, au Koppenberg, alors il pourra gagner. B. G. : Tout dépendra de la façon dont il passe les pavés…

Ce type de coureurs polyvalents, c’est nouveau?

B. G. : Oui, nous étions de la catégorie des coureurs de classiques flandriennes ou de classiques ardennaises. Lui fait partie de cette génération qui sait tout faire. On n’aurait jamais vu Froome ou Contador venir sur le Tour des Flandres pour le gagner…

J. D. : Au Grand Prix de Denain, on a vu aussi (Primoz) Roglic faire la course…

B. G. : Je trouve ça bien. J. D. : Tu vois que si tu as le moteur, tu peux le faire. Et si tu es bien placé une fois, alors tu es devant. B. G. : Il y a quelques années de cela, (Romain) Bardet demandait toujours de disputer les classiques flandriennes, mais l’équipe répondait que c’était trop dangereux. Toute l’équipe dépendait de ses résultats… J. D. : Il faut dire qu’il y a quand même des chutes sur ces courses., on y revient…

JEMPY DRUCKER ET BEN GASTAUER (1/2)

RENCONTRE DES SPORTS Ils se sont retirés en même temps du cyclisme professionnel. On connaît presque tout de la longue et belle carrière de Jempy Drucker (35 ans) et de Ben Gastauer (34 ans). On se demandait comment ils appréciaient leur fraîche retraite. S’est ensuivie une belle rencontre où les deux hommes ont dialogué une bonne heure. Premier volet aujourd’hui. Le deuxième viendra dans notre édition de demain.

JEMPY DRUCKER ET BEN GASTAUER (1/2)

L’interview n’est pas officiellement commencée que Jempy Drucker, arrivé de son côté depuis Mondercange, converse à bâtons rompus avec Ben Gastauer, dont le vélo de ville électrique, garé à proximité, vient de réaliser un autre court trajet, de Schifflange à Esch-sur-Alzette. Le rendez-vous avait été donné mardi en terrasse du Babbocaffè, rue des Remparts à Esch-sur-Alzette où les deux viennent régulièrement se ravitailler en grains. 

Est-ce que c’est la première fois que vous vous revoyez depuis l’arrêt de votre carrière?

Jempy Drucker : Oui, on s’est écrit un peu, mais c’est bien la première fois qu’on se revoit physiquement. C’est à cause de la distance…

Ben Gastauer : (Il rit) Oui, ça doit être ça. Souvent, on s’est dit qu’il faudrait qu’on aille boire un verre ensemble… On est retraité, et on n’a jamais le temps!

J. D. : Cela fait partie de notre nouvelle vie, quoi, de ne jamais avoir de temps (il rit).

Quels sentiments avez-vous de vous retrouver retraité en même temps?

J. D. : On a grandi ensemble, hein…

B. G. : On savait que ça allait arriver un jour, mais j’avais espéré pour Jempy que ça dure un peu plus car il avait toujours envie.

J. D. : Oui, j’avais encore envie, mais voilà… Cela fait partie du processus. Si tu commences une carrière sportive, tu sais qu’à un moment donné, la retraite arrive, que cela va être la fin.

Qu’est-ce qui change dans votre vie de tous les jours?

B. G. : Un peu tout!

J. D. : Tu ne dois plus t’entraîner. Un job de cycliste professionnel, c’est un job de 24 heures. Tu ne fermes pas la porte et à 18 heures, c’est fini. Tous les sacrifices sont importants, l’alimentation, l’entraînement, les stages, tout ça, c’est terminé. Et tu es tout le temps à la maison. Pour moi, c’est le plus grand changement.

B. G. : Oui, de passer du temps avec la famille, c’est ce qui marque le plus. On a de nouveaux projets de vie. On travaille à un autre objectif et ça fait beaucoup de bien de passer du temps avec tes proches. Moi, je n’ai jamais eu de problème pour aller m’entraîner, j’adorais même ça. Mais j’avoue que ça me fait du bien de ne plus devoir le faire tous les jours. Je profite aussi des week-ends en famille et à la maison. J’ai découvert ça! Ça fait du bien…

Le sport que vous pratiquez aujourd’hui, il est de quelle nature?

J. D. : J’ai fait un peu de gravel, mais allez, c’est devenu plus un plaisir. Tu roules et tu n’as pas l’obligation d’un plan d’entraînement. Si tu veux t’arrêter sur un banc, tu t’arrêtes et tu regardes le paysage…

Vous l’avez fait?

J. D. : Oui (il rit). T’es tranquille. Un jour, je roulais et je me suis dit, tu peux monter cette bosse le plus doucement possible, regarder à gauche et à droite. J’étais tranquille à quinze à l’heure et j’ai vu des choses que je ne voyais jamais. Je trouvais ça beau. Alors que lorsque tu es pro, tu es concentré sur l’entraînement, les watts et tout ça…

B. G. : J’avais ressenti ça en fin de saison dans le sud de la France. J’ai pris conscience que ce serait l’une des dernières fois que je pouvais m’entraîner avec un niveau correct et je voyais le paysage d’un autre œil. C’était chouette. Mais je dois dire que je ne suis plus remonté sur le vélo depuis ma dernière course. Bon, j’emmène les enfants à l’école avec mon vélo électrique.

J. D. : Ah oui, mais là, ce n’est plus du vélo, hein (il rit).

B. G. : Oui, avec la blessure, je voulais m’arrêter trois mois complets. Et puis, j’ai une bonne excuse, je n’ai plus de vélo de route chez moi! J’ai tout rendu à BMC. Mais je viens d’en commander un et il va arriver, alors je vais reprendre un peu. J’ai fait quelques footings.

J. D. : Moi aussi…

B. G. : Avec les enfants, on bouge tout le temps mais ce n’est pas du sport pour faire du sport. Je sens que l’envie revient quand même.

Aujourd’hui que vous n’êtes plus tenu à des exigences, prenez-vous plaisir à manger sans restriction?

J. D. : Honnêtement, si j’ai envie de chocolat, je mange un morceau et je m’arrête alors que lorsque j’étais cycliste, j’ouvrais la boîte et je la finissais (il rit), car c’était soi-disant interdit. Bien sûr, si tu es dans une kermesse en famille, tu manges une frite que tu n’aurais jamais mangée avant. Mais je ne me dis pas que je dois manger une pizza tous les jours. Je me souviens que lorsque mes saisons étaient finies, j’avais mon programme pour décompresser. J’avais ma liste des choses à manger avant que la saison ne reprenne parce qu’ensuite, je savais que je ne pourrais plus le faire avant l’hiver suivant…

B. G. : Je n’ai jamais eu de problème avec l’alimentation. J’ai toujours pu manger équilibré sans devoir me forcer. D’ailleurs, les restrictions n’ont jamais marché pour moi. Je n’ai jamais été dans l’excès. Aujourd’hui, je mange moins; car je fais moins de sport.

J. D. : Je sens aussi que j’ai moins faim que lorsque je courrais.

Vous avez fait de bonnes fêtes quand même?

J. D. : Avec les restrictions, cela n’a pas été facile. Cela fait partie de la vie de boire un coup de trop sans exagérer non plus, non?

B. G. : J’ai fait une belle soirée cet hiver pour mes adieux avec l’équipe.

J. D. : Ce qui est sympa, c’est d’être libre samedi, dimanche. Quand tu cours, tu ne peux jamais voir les amis.

D’un point de vue familial, tout a changé pour vous?

J. D. : Oui, lorsqu’on est pro, on est parti 200 jours par an. Quand tu viens d’une structure familiale comme nous deux, je pense que c’est plus facile à digérer.

B. G. : Cet aspect familial est important pendant et après la carrière. Moi, j’ai eu du temps pour me préparer et avec le covid-19, les enfants étaient habitués de me voir à la maison. Avant, quand je partais pour trois semaines, ce n’était pas un problème, mais maintenant, si je pars une demi-journée, c’est un vrai souci, les enfants me font carrément la tête…

J. D. : Quand j’ai dit à ma fille que je ne partirais plus sur des courses, elle m’a directement dit que c’était super, qu’elle me verrait davantage.

B. G. : Ça change tout pour l’organisation familiale. C’est un grand soulagement pour mon épouse qui lance un deuxième projet professionnel dans son métier de kinésithérapeute. Elle avait besoin de soutien. Avant, c’était un peu l’inverse, mon sport était la priorité et c’est bien de changer.

Du coup, parlez-nous de vos projets de reconversion professionnelle…

B. G. : Je pense que Jempy, comme moi, on a envie que ça avance, on n’a pas envie de rester à la maison.

J. D. : Toute notre vie était construite autour d’objectifs et à un moment donné, ça fait quand même du bien de ne plus en avoir.

B. G. : J’avais toujours besoin d’un challenge et lorsque j’ai arrêté, c’était important d’en avoir un autre, de savoir où cela allait aller, même si tout n’était pas concret à 100 %. Cela me laissait ensuite le temps de le concrétiser, de le construire. Si je n’avais eu aucune idée, cela aurait été compliqué pour moi.

J. D. : Pour moi, c’est déjà un peu connu. Cela fait trois courses que je suis avec la fédération nationale dans l’encadrement, comme le week-end dernier sur Gand-Wevelgem espoirs. Lorsque j’ai annoncé ma retraite à la mi-janvier, la fédération m’a contacté. Ce serait un métier qui me plairait de faire apprendre le métier aux jeunes Luxembourgeois, car tu connais tout le chemin. J’ai passé trois week-ends avec eux et ça m’a beaucoup plu. Maintenant, qu’est-ce que cela va donner dans le futur, on va voir! Je vais préparer à la fin avril un certificat pour être entraîneur fin avril. Cela se déroule au Portugal et c’est organisé par l’UCI (NDLR : Union cycliste internationale). C’est une piste qui me plaît. Je suis encore dans le vélo, j’ai des connexions. Pour Gand-Wevelgem, dans la réunion des directeurs sportifs, j’étais là avec d’autres directeurs sportifs, j’ai retrouvé un peloton. Il y avait là Nicolas Roche, Jan Stannard, Robert Wagner. J’ai revu, Sven Venthourenhout, Serge Pauwels, Jan Kirsipuu, Keyvin Ista. Que des anciens coureurs. Tu vois que dans tous les pays, on recherche des anciens professionnels.

B. G. : Cela me paraît logique…

J. D. : Oui, mais chez nous, cela n’a pas toujours été forcément le cas. Mais ailleurs, c’est vrai que c’est courant. Au Danemark, Anders Lund est entraîneur. On revoit beaucoup d’anciens professionnels dans les équipes de jeunes.

Par après, vous pourriez avoir envie de vous diriger vers les équipes professionnelles?

J. D. : Dans une équipe du World Tour, non. Là, j’ai vraiment plaisir de travailler avec les jeunes. Cela me ferait bizarre de faire un meeting avec des coureurs avec qui on a couru.

Cela arrive souvent dans les équipes…

B. G. : Moi, j’ai eu le cas avec Cyril Dessel qui avait été mon coéquipier avant de devenir mon directeur sportif (après sa carrière chez AG2R que le coureur français a terminée en 2011). Cela s’est bien passé, mais cela fait bizarre, car forcément, il n’avait plus le même discours que lorsqu’il était coureur.

J. D. : C’est normal, tu changes forcément.

B. G. : Oui, d’ailleurs, je n’ai pas arrêté depuis longtemps, mais j’ai déjà une autre perspective que lorsque j’étais coureur. Quand tu es encore en activité, tu ne le comprends pas forcément. Tu te dis, mince, on a couru ensemble, qu’est-ce qu’il me raconte.

J. D. : Oui, tu peux le prendre mal (il rit). Tu es sur un autre bateau et voilà…

Quelquefois les réactions des directeurs sportifs peuvent même être cinglantes, même si dans le cyclisme, c’est assez rare, la plupart des compétiteurs cherchant à donner le meilleur d’eux-mêmes…

J. D. : Il peut y avoir des raisons d’être en colère selon le scénario des courses. Quand ce n’est pas bon, il faut le dire.

B. G. : Je me souviens d’une anecdote où sur une Vuelta, on avait loupé une bordure avec (Domenico) Pozzovivo. « Pozzo » arrive dans le bus, il était content. « On a limité la casse, c’est bien. » Notre DS, Julien Jurdie, arrive, il nous passe une soufflante, « c’était quoi ça sur la bordure, on vous avait prévenu! ». On s’est pris une brasse monumentale. Tous les coureurs s’étaient fait engueuler et « Pozzo » me regarde et me dit : « Ce n’était pas une si mauvaise journée que ça! » (il rit). Plus personne ne parlait. Le lendemain, Julien est revenu au petit-déjeuner avec le sourire : « On a tous pété un bon câble, maintenant, on repart… » C’est un directeur sportif tellement passionné! Moi, je trouve que c’est aussi bien de dire les choses quand elles doivent être dites.

J. D. : Avec le recul, je suis d’avis qu’il ne faut pas toujours dire, si c’était mauvais, que c’était bon… Si c’est nul, alors c’est nul. Mais il faut le faire avec bonne foi.

Vous concernant, Ben, l’avenir passe par des études de kinésithérapeute?

B. G. : Oui, c’est ça, j’attaque ce vendredi (aujourd’hui) à Lunex (NDLR : Lunex University à Differdange). Cela fait quelques années que j’avais envie de ça. J’ai envie de rester dans le sport. La thématique de la rééducation dans le sport chez un sportif après une blessure, m’intéresse également. L’aspect prévention des blessures. Je veux aussi préparer un diplôme d’entraîneur en préparation physique avez l’Eneps (École nationale de l’éducation physique et des sports). Cela va très bien ensemble. Cette formation est remise en septembre. Je suis content de partir là-dessus. J’aurais pu commencer tout de suite au niveau 4, ce qui était bien. Cela viendra plus tard. Je reste quand même aussi dans le sport. Bon, les études vont durer cinq ans, c’est un peu long. On va voir comment ça va se passer. Mais j’ai déjà bossé l’anatomie ces deux derniers mois pour prendre de l’avance. Et j’ai aussi proposé mon aide à la fédération nationale. Cela me tient aussi à cœur. Ils ont besoin d’aide pour l’encadrement. Il n’y a rien eu de concret pour le moment, mais on verra s’ils ont besoin ou pas. Cela me tient à cœur. Et comme Jempy, je pense qu’on peut aider efficacement. Moi, ce que je sais, c’est qu’il faut faire quelque chose pour les jeunes, car ces dernières années, c’est devenu compliqué. Lorsqu’on est coureur professionnel, on ne se rend pas compte des problèmes. Je pense que c’est bien qu’un changement arrive. Pour que les jeunes soient le mieux encadrés possible.

J. D. : Il y a en effet beaucoup de travail à faire chez les jeunes. C’est toute la culture du cyclisme qui est bouleversée avec le phénomène de la jeunesse. Des équipes professionnelles embauchent carrément des juniors. On nous a toujours dit qu’il ne fallait pas brusquer les choses. On nous disait qu’il fallait y aller doucement. Doucement chez les juniors et ensuite chez les espoirs où tu fais tes quatre ans…

———————————–

Tu roules et tu n’as pas l’obligation d’un plan d’entraînement. Si tu veux t’arrêter sur un banc, tu t’arrêtes et tu regardes le paysage…

𝘾𝙧𝙖𝙛𝙩_3.0 – 𝙄𝙢𝙢𝙚𝙧𝙨𝙞𝙫𝙚 𝙖𝙧𝙩 𝙖𝙣𝙙 𝙘𝙧𝙖𝙛𝙩 𝙚𝙭𝙝𝙞𝙗𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣

J’ai le plaisir de vous informer que je participerai à l’exposition

𝘾𝙧𝙖𝙛𝙩_3.0 – 𝙄𝙢𝙢𝙚𝙧𝙨𝙞𝙫𝙚 𝙖𝙧𝙩 𝙖𝙣𝙙 𝙘𝙧𝙖𝙛𝙩 𝙚𝙭𝙝𝙞𝙗𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣

par De Mains De Maîtres Luxembourg

du 01.04.2022 au 26.06.2022

au bâtiment B du 1535 Creative Hub à Differdange.

Le vernissage aura lieu le 31 mars 2022 à 18:30

Journée professionnelle le 1 avril de 14:00 – 18:00

www.gastauer.lu

Ben Gastauer : impressions de 12 ans de cycliste professionnel

Tout au long du Tour de Luxembourg, Ben Gastauer a chroniqué ses impressions de douze ans de carrière dans le ‘ quotidien ‘

14-09-2021

Je vais commencer cette chronique par cette fin de carrière qui s’est imposée à moi, avec cette blessure qui m’oblige à dire stop. Il y a d’abord une chose que j’ai trouvé assez drôle lorsque ma décision fut dévoilée, c’est que les gens que j’ai rencontrés croyaient tous que j’étais déçu que ma carrière se termine avec cette blessure à la selle. Alors que je suis content que cela se termine maintenant. Bien sûr, il m’a fallu prendre une décision, et cela n’avait pas été simple, mais une fois que celle-ci a été enfin prise, alors, j’étais soulagé. Je reste sur ce sentiment. Je savais bien que ma carrière se terminerait un jour. C’est le moment. Et je suis content de me projeter désormais vers l’avenir.

Je n’ai plus couru depuis le 10 avril et le Tour du Pays basque, et les semaines qui ont suivi m’avaient déprimé un peu. Je ne pouvais plus m’entraîner et je n’avais pas encore pris cette décision. Je ne savais pas encore combien de temps cette blessure me handicaperait et je voyais s’éloigner les objectifs que ne pourrais pas tenir, comme ma participation au Tour d’Italie. Je ne voyais plus bien comment ma saison pouvait se dérouler et déjà, des doutes sur ma capacité à tenir mon rang pour la saison 2022 m’envahissaient.

Je rageais d’autant plus qu’en début de saison, je me sentais très fort physiquement, j’avais alors vraiment l’impression que tout se passerait bien pour la suite. Je me répétais ça à l’entraînement, et mes sensations tant à l’entraînement qu’en course, me laissaient croire que j’étais prêt à faire une grande saison 2021. Mais cela ne s’est pas passé comme prévu. D’où ma décision de dire stop. Lorsque Vincent Lavenu, mon patron d’équipe depuis toujours chez AG2R, m’a posé la question de confiance de savoir si je pouvais envisager une saison 2022, j’ai décliné. Il a toujours été honnête avec moi et je me devais de l’être avec lui.

Après ce Tour de Luxembourg, une autre vie va commencer. J’ai déjà eu le temps d’y penser. Physiquement, par exemple, je sais que mon corps va changer, même si je compte encore faire du sport, car c’est d’abord une passion. On se pose ce genre de questions quand on pense à une fin de carrière pro. Aurais-je encore envie de faire du sport? Et comment mon corps va évoluer par la suite? Je n’ai pas la réponse. J’ai hâte de voir ça, je l’avoue. Notre sport nous prend beaucoup de temps avec les entraînements et les compétitions. Ce qui est certain, c’est qu’après ce Tour de Luxembourg, je ne vais plus toucher au vélo pendant de nombreux mois. Pour que ma blessure disparaisse pour de bon. Après on verra. Mais ce sont des questions dont je n’ai pas les réponses. Mais je me vois bien refaire de la course à pied et du ski, avec les enfants, notamment. Je resterai sûrement sur des sports d’endurance. Par contre, je n’ai encore rien organisé pour mon avenir professionnel, je verrai ça juste après ma dernière course.

15-09-2021

15-09-2021

La famille a été toujours impliquée dans ma carrière et je tenais à le souligner dans cette chronique. Le cyclisme, c’était une histoire de famille. Sans mes parents tout d’abord, rien n’aurait été possible pour moi. Depuis mes débuts, ils ont dû beaucoup investir. Au fil du temps, leurs rôles ont changé, mais ils m’ont toujours soutenu. Je termine ma carrière avec ma femme Aude et mes deux enfants, Siena et Sydney, qui sont autour de moi, c’est réconfortant. Et ma petite famille me permettait ces dernières semaines de me changer les idées, de penser à autre chose qu’au vélo. Cela m’a aidé pour avoir un équilibre.

Mes parents ne m’ont jamais forcé à faire du vélo, mais ils ont sacrifié beaucoup de leur temps libre pour m’emmener à droite, à gauche, sur les courses et les stages. Romain, mon père a été aussi pendant longtemps mon entraîneur. Il a commencé par passer des diplômes. Tous les entraîneurs que j’ai eus ont été importants et m’ont permis de passer des caps. Mais quand je regarde dans le rétroviseur, c’est lorsque mon père m’a entraîné que j’ai fait les meilleurs résultats. Ainsi, je pense avoir atteint mon sommet de forme durant le tour de France 2014, l’année où notre leader, Jean-Christophe Péraud avait terminé deuxième derrière Vincenzo Nibali. Je suis resté avec mon père jusqu’en 2018, où j’ai découvert autre chose, mais les résultats n’ont pas été les mêmes.

Ma mère (Yvette) étant une artiste, elle m’a appris à apprécier ce domaine et tout simplement, les paysages. J’ai toujours aimé le cyclisme pour cela, regarder autour de moi. C’est grâce à son approche artistique. Ma mère a toujours aimé m’encourager sur les routes, mes deux parents ont même suivi en entier certains des grands tours auxquels je participais

Quant à mon épouse, Aude, que j’ai rencontrée lorsque j’étais encore dans le club de Chambéry, elle a toujours su, en tant qu’ancienne cycliste elle-même, puisqu’elle avait disputé des championnats du monde juniors pour l’équipe de France, l’importance du soutien de la famille dans une carrière professionnelle. Après chaque course, c’est la première personne avec qui j’ai échangé. Et puis ces derniers temps, c’est devenu encore plus vrai, alors que j’étais blessé et que ça n’allait pas toujours bien. Elle a toujours été là pour trouver une solution. Et en tant que kiné, elle m’a aussi soigné…

Quant à mes deux enfants, ils m’ont aussi permis de me débrancher du vélo. Ils m’ont apporté de la joie. Ça faisait du bien, c’était un équilibre pour moi. Siena, ma grande fille de cinq ans était franchement contente lorsque je lui ai annoncé que je stoppais le cyclisme… Cela devenait un peu dur de me voir partir même si ces derniers temps, avec ma blessure, je suis resté longtemps à la maison.

Ils sont tous là sur ce Tour de Luxembourg sur le bord de la route et j’apprécie une dernière fois…

16-09-2021

En douze saisons, j’ai pu m’apercevoir que le monde du cyclisme avait beaucoup changé. Tout est devenu beaucoup plus professionnel qu’avant. Par exemple, lorsqu’en 2010, j’ai rejoint AG2R, on n’avait même pas d’entraîneur. Aujourd’hui, ils sont quatre dans l’équipe. Il y a trois spécialistes de la performance. Il y a clairement plus de staff. C’est devenu de plus en plus encadré, professionnel. On voit également des jeunes qui nous rejoignent et qui sont tout de suite prêts. Tout le monde est poussé pour plus de performance. Lorsque j’étais jeune, ce n’était pas forcément toujours le cas.Il y avait davantage la notion de l’aventure. On allait chercher des idées à droite et à gauche, le milieu du cyclisme fonctionnait par habitude. Lorsqu’on partait en stage ou en course avec la sélection nationale, cela ressemblait quelquefois à une excursion. On avait même quelquefois à trouver six coureurs pour prendre le départ de certaines courses.

Du coup, j’ai appris le métier de coureur lors de ma dernière saison au centre de formation en 2009, puis l’année suivante en signant mon premier contrat. Je me suis rendu compte que j’étais passé pro sans être au maximum de mes capacités. Cela a bien changé lorsque j’observe aujourd’hui comment se comportent les nouveaux. Ils arrivent et ils sont prêts.

Avec ce phénomène, ces dernières années, cela m’a poussé moi-même à rechercher de nouvelles méthodes d’entraînement et à me remettre en question et à voir mes propres limites. Et là, je me suis rendu compte que personnellement, je ne parvenais plus à m’investir autant qu’un jeune. Pour des raisons familiales tout d’abord. Cela a créé un problème d’un côté, comme cela m’a poussé à aller plus loin dans ma remise en question.

C’est comme pour les entraînements en altitude. Pour un jeune coureur, cela paraît normal et logique de faire de tels stages. Moi, avant ces dernières années, je n’en avais jamais fait. Et les quelques stages que j’ai effectués ne m’ont malheureusement pas beaucoup apporté. J’ai laissé tomber. Pour un jeune coureur capable de gérer, c’est bien plus facile. Ils sont carrés avec la nutrition, l’alimentation pendant les courses. Personnellement, je n’ai appris à gérer ça que ces trois dernières années. Avant, je faisais comme je pensais. Aujourd’hui, même un junior sait exactement quoi ingérer en course.

Bien sûr, je pense néanmoins qu’on peut y arriver avec de vieilles méthodes, mais dans ce cas-là, il faut vraiment de la réussite, le niveau est devenu tellement dense. Je ne pense qu’il y ait aujourd’hui beaucoup de coureurs capables de faire des résultats en n’adoptant pas une attitude très professionnelle. Personnellement, l’apport des capteurs de puissance, des plans d’entraînements stricts à respecter, cela ne m’a jamais gêné, au contraire, j’ai trouvé d’autres repères.

17/09/21

Je vais terminer ma carrière dans l’équipe où je l’ai commencée et c’est vrai que ce n’est pas banal. J’ai eu au cours de ces douze années un lien spécial avec AG2R. Cela veut dire que ça fonctionnait bien entre nous. Ils me faisaient confiance et je leur faisais confiance. Il s’agissait d’une confiance réciproque. Je suis fier d’avoir eu cette relation avec l’équipe et avec Vincent Lavenu.

Malgré ma blessure et ma situation, il m’a laissé ce choix de continuer. «Si tu veux continuer, m’a-t-il dit, tu peux continuer. Mais il faut juste que tu sois honnête.» Je suis content qu’il m’ait laissé ce choix à la fin, car je sais très bien que dans la plupart des équipes, cela aurait été fini. On ne m’aurait même pas prévenu qu’on ne comptait pas sur moi pour l’année suivante! J’ai fait mon choix et je termine donc ma carrière ici, sur le Tour de Luxembourg.

L’autre grande personnalité qui m’a marqué, c’est Jean-Christophe Péraud. C’était un personnage à part, il faut dire qu’étant venu du VTT, il est venu très tard sur route. C’était un plaisir, en 2014, de faire chambre avec lui lorsqu’il a terminé deuxième. J’ai vécu trois semaines assez exceptionnelles et cela me fait des souvenirs pour la vie. On s’entendait et on s’entend toujours très bien. Dans ce Tour de France 2014, je me souviens avoir eu un rôle, car Jean-Christophe, en dehors du vélo, est spécial, un peu ailleurs.

Mon rôle n’était pas seulement de l’aider en course. Je devais aussi lui dire quand on devait quitter la chambre, quand on devait faire la valise. Je devais gérer pour qu’on ne soit pas en retard, c’était un rôle important. Cela me faisait toujours rire ce côté tête en l’air. Il devait m’apprécier, car on rigolait bien ensemble, j’étais honnête avec lui et il s’était rendu compte qu’il pouvait me faire confiance. Je me donnais aussi à fond pour lui.

On partageait beaucoup, même quand ça allait plus mal en course. On ne se fâchait jamais. Je lui remontais le moral. Dans nos conversations, il y avait une partie débriefing de l’étape, le reste, on discutait de tout et de rien. Un jour, il avait eu un problème de plomberie avec son chauffe-eau. On en avait parlé des jours et des jours, il avait une formation d’ingénieur, ce genre de choses le passionnait. Il pouvait être tête en l’air, mais cela disparaissait lorsqu’il se posait sur le vélo. Il voyait des choses simples à améliorer et, grâce à lui, on a progressé sur notre matériel. Il était très pointu sur les entraînements et le matériel.

18/09/21

Avant de passer professionnel, je n’avais pas vraiment de modèle, d’idole en venant au cyclisme, même si le fait d’aller voir chaque année passer le Tour de Luxembourg m’avait donné envie de faire du cyclisme. Le premier personnage qui m’ait impressionné en tant que coureur pro, c’est Lance Armstrong. En 2010, je disputais le Tour des Flandres. Il était venu au départ avec ses deux gardes du corps.

J’étais le petit jeune qui arrivait et je voyais la grande star qui était accompagné de gardes du corps jusqu’à la ligne d’arrivée. C’est la seule fois que j’ai couru avec lui dans un même peloton, ensuite, je n’en ai eu qu’une vision par rapport aux médias. On peut résumer en disant que tout ce qui s’est passé avant cette époque n’était pas bon pour le vélo. Quand je suis passé pro, toutes les questions concernaient le dopage. C’était omniprésent à l’époque.

Ensuite, le coureur qui m’a beaucoup impressionné, c’est mon ancien coéquipier Romain Bardet. J’ai fait mes quatre Tours de France avec lui et il a fini deux fois sur le podium, deuxième en 2016 et troisième en 2017. Ce qui était fort pour moi, c’est de voir comment il avait progressé en passant, comme moi, du centre de formation de Chambéry au grand leader de grand tour qu’il est devenu, à force de travail. C’était grâce à son travail et son investissement personnel. Ce n’était d’ailleurs pas un cadeau de se retrouver en stage avec lui. Il te faisait clairement sentir mal. Car tu avais vite mauvaise conscience.

Une fois, je me suis retrouvé avec lui en stage d’altitude, il ne s’arrêtait pas de la journée. On roulait ensemble puis quand on faisait la sieste, tu le voyais repartir. Un matin, je l’ai vu se lever vers 6 h pour faire du home-trainer. Il était actif toute la journée. Mais c’est ça qui l’a fait progresser et grâce à lui, le niveau de l’équipe a été également tiré vers le haut.

Côté luxembourgeois, je suis passé pro au moment où les frères Schleck et Kim Kirchen étaient au sommet. J’ai bien vécu ça, car on était bien accueilli en tant que Luxembourgeois. Je me souviens notamment du Gala Tour de France. Il y avait eu un monde fou pour voir les Schleck et j’ai pu profiter de ça, c’était vraiment super. Et lorsqu’on disputait les championnats nationaux, il y avait beaucoup de monde sur le bord de la route et j’ai pu en profiter.

J’ai aussi profité de cette euphorie. Ils m’ont tous aidé à mes débuts en me glissant des conseils et je me souviens du petit mot que Frank Schleck a glissé aux oreilles de Vincent Lavenu au moment de mon embauche, comme quoi il avait fait un bon choix. Cela m’avait touché, il n’était pas obligé. J’ai fait ma carrière sans avoir autant de succès, mais je suis bien content de mon parcours. J’ai bien profité de ces douze ans, j’ai fait plus que je ne l’aurais pensé.

Ben Gastauer : rétro

2021 : AG2R LA MONDIALE

En janvier 2021 Ben a fait un premier stage avec son équipe AG2R CITROËN TEAM à Denia en Espagne où il a rencontré pas mal de nouveaux visages, puisque l´effectif de son équipe  avait énormément changé depuis la saison dernière.

Il y a eu aussi pas mal de changement au niveau équipementier. En effet le maillot de l’équipe a changé et BMC Switzerland a rejoint l’équipe cycliste professionnelle AG2R CITROËN TEAM. Les coureurs ont utilisé deux vélos de route : le Teammachine SLR01 et le Timemachine Road, ainsi que le Timemachine pour le contre-la-montre.

Lors du stage Ben a reçu son programme de courses.

Ben a épinglé son premier dossard au G.P. Cycliste la Marseillaise.  À un kilomètre de l’arrivée Ben est sorti, mais immédiatement les coéquipiers du sprinteur B.Coquard ont réagi. Ce mouvement a toutefois permis à A.Paret-Peintre, qui a bien suivi le mouvement, de s’imposer au sprint tandis que Ben a pris la 30ième place. St.Goubert, directeur sportif, scandait que le succès d’Aurélien était « le succès d’un groupe ». Il relevait, notamment, « le boulot dingue effectué par Ben.

Au mois de février Ben a travaillé au Tour des Alpes-Maritimes et du Var qu’il a terminé à la 48ième place avant de s’aligner aux Boucles Drôme-Ardèche qui sont composées de 2 courses professionnelles classées UCI Pro Series au coeur de l’Ardèche et de la Drôme.

Début mars Ben a pris la 56ème place au Trofeo Laigueglia en Italie avant de partir en stage en Espagne pour préparer le Tour de Catalogne. Ben ne se sentait pas trop bien au début de ce Tour qu’il a terminé à la 75ième place.

Après le Tour de Catalogne Ben a participé au Tour du Pays Basque

Lors de la deuxième étape Ben a réussi à attraper la bonne échappée. Les sept fugitifs ont compté jusqu’à 4′ d’avance avant d’être repris par le peloton dans la dernière difficulté du jour.

Ben a terminé le Tour du Pays Basque à la 80ième place ce qui ne reflète nullement le travail qu’il a accompli pour ses leaders.

Fin avril Ben aurait dû participer au Tour de Romandie, l’ultime préparation pour le Giro.

Or Ben était obligé d’interrompre son entraînement à cause de douleurs au niveau de la selle.

Finalement Ben était obligé de renoncer au Giro à cause d’un kyste à la selle.

Pas encore rétabli, Ben ne pouvait pas participer aux championnatx nationaux.

Début juillet, Ben a pu reprendre l’entraînement. V.Lavenu lui a dit de ne pas s’inquiéter, qu’il pouvait poursuivre encore un an avec l’équipe. Handicapé par son problème au niveau du plancher pelvien, Ben a continué à s’entraîner comme il le pouvait. Au mois d’août il ressent toujours la douleur et finalement Ben est contraint d’annoncer, d’un commun accord avec son équipe, qu’il va arrêter le vélo à la fin de la saison. Le manager général de l’équipe AG2R CITROËN Team, V.Lavenu, lui a fait le cadeau de terminer sur le Tour de Luxembourg. Ce sera une belle fin devant sa famille et ses amis.

Voici le communiqué de son équipe AG2R CITROËN Team :

Ben Gastauer mettra un terme à sa carrière à l’issue de la saison 2021

Équipier modèle, celui a fait toute sa carrière au sein de notre équipe raccrochera le vélo à la fin de la saison.

Merci pour ces douze années Ben et bonne route !

Depuis que Ben a annoncé qu’il raccrochera le vélo à la fin de la saison, il a reçu de nombreuses marques de sympathie, mais le plus bel et le plus émouvant hommage est venu de son épouse Aude :

Aujourd’hui, j’avais envie d’écrire sur les murs des envolées d’amour pour cet homme qui fait battre ma vie.
Aujourd’hui, il a décidé de dire au revoir au vélo.
J’ai toujours appréhendé ce moment où s’arrêterait cette parenthèse enchantée… Une vie à part, si intense, si passionnée, si remplie d’émotions indicibles… j’avais peur que la fin soit cruelle pour lui, et finalement c’est beau. C’est si beau !
J’ai un respect infini pour l’abnégation, l’ardeur, et surtout l’amour avec laquelle je l’ai vu vivre ce sport depuis 12 ans. Evidemment, je le trouve talentueux, je le trouve courageux, je le trouve fort, mais j’admire surtout les valeurs qui font de lui un homme exceptionnel dans la vraie vie, auprès de nous, et je suis fascinée d’observer que même dans cet au revoir, il a cette force de toujours savoir qui il est et où sont les vraies priorités de sa vie.
C’est un homme vrai, discret, sincère et honnête ; il a choisi la santé, il a choisi de rester heureux !

Merci @vlavenu de lui avoir offert une place dans votre grande famille, et de lui avoir permis de décider de son avenir.

@bengastauer , tu es une si belle personne… l’aventure ne fait que commencer !
‘ – Aude Gastauer

Ben était content de retrouver, après plusieurs mois d’absence, son équipe AG2R CITROËN TEAM au Tour de Luxembourg.

La dernière course de Ben remontait au 10 avril 2021, la sixième et dernière étape du Tour du Pays Basque. Depuis Ben n’a plus couru en raison du problème au plancher pelvien.

Pendant tout le Tour de Luxembourg Ben a souffert, mais il a serré les dents.

crédit photo : Val Wagner
crédit photo : Rom Helbach ( romdeluxe )
crédit photo : Rom Helbach ( romdeluxe )
Fidèle à lui-même, Ben a travaillé jusqu’à la fin de sa carrière

À l’arrivée de la dernière étape du Tour de Luxembourg, Ben a terminé sa carrière de cycliste professionnel .

À l’arrivée Ben était attendu par sa famille et ses supporters et il a eu droit à l’ovation du public pour sa longue carrière.

Le Fan Club lui a offert une bouteille de crémant du domaine Benoît et Claude Kox cuvée spéciale Ben Gastauer.

Le Tour de Luxembourg a offert à Ben une magnifique peinture de Nico Langehegermann

Ben a été désigné coureur le plus sympathique de la cinquième étape

crédit photo : Rom Helbach ( romdeluxe )
L’ambiance dans le bus ( crédit photo AG2R CITROËN TEAM )

Fin septembre le Fan Club de Ben avait invité les supporters et amis de Ben au ‘Tour mam Ben op d’Musel’ une randonnée cycliste conviviale vers la Moselle.

Au mois de novembre la commune de Schifflange a invité à une réception pour honorer les coureurs cyclistes professionnels Ben Gastauer et K.Geniets.

Finalement le Fan Club de Ben Gastauer avait convié début décembre à une soirée festive pour honorer Ben pour sa longue carrière de coureur cycliste.

Une cinquantaine de supporters étaient venus pour revivre les meilleurs moments de la carrière de Ben.

Après avoir laissé passer en revue son parcours sportif qui a commencé à l’École de Cyclisme à Schifflange, Ben a tenu à remercier ses fans pour leur soutien.

Roland Schreiner, le président du Fan Club a remis à Ben une bonne bouteille et un livre richement illustré résumant le parcours de Ben avant qu’il est passé cycliste professionnel.

Après la partie oficielle la soirée s’est terminé par un walking diner où les anecdotes échangées entre les experts cyclistes ne manquaient pas.

le bilan 2021:

25 jours de course

dont 13 au niveau UCI World Tour

4 courses à étapes avec un total de 21 étapes

retrouvez tous les classements de Ben sur :

https://www.procyclingstats.com

https://rgast.wordpress.com

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