Le petit mot de Frank Schleck à Vincent Lavenu m’avait touché, il n’était pas obligé

Tout au long du Tour de Luxembourg, Ben Gastauer chronique ses impressions de douze ans de carrière dans le quotidien

le quotidien du 18/09/2021

Avant de passer professionnel, je n’avais pas vraiment de modèle, d’idole en venant au cyclisme, même si le fait d’aller voir chaque année passer le Tour de Luxembourg m’avait donné envie de faire du cyclisme. Le premier personnage qui m’ait impressionné en tant que coureur pro, c’est Lance Armstrong. En 2010, je disputais le Tour des Flandres. Il était venu au départ avec ses deux gardes du corps.

J’étais le petit jeune qui arrivait et je voyais la grande star qui était accompagné de gardes du corps jusqu’à la ligne d’arrivée. C’est la seule fois que j’ai couru avec lui dans un même peloton, ensuite, je n’en ai eu qu’une vision par rapport aux médias. On peut résumer en disant que tout ce qui s’est passé avant cette époque n’était pas bon pour le vélo. Quand je suis passé pro, toutes les questions concernaient le dopage. C’était omniprésent à l’époque.

Ensuite, le coureur qui m’a beaucoup impressionné, c’est mon ancien coéquipier Romain Bardet. J’ai fait mes quatre Tours de France avec lui et il a fini deux fois sur le podium, deuxième en 2016 et troisième en 2017. Ce qui était fort pour moi, c’est de voir comment il avait progressé en passant, comme moi, du centre de formation de Chambéry au grand leader de grand tour qu’il est devenu, à force de travail. C’était grâce à son travail et son investissement personnel. Ce n’était d’ailleurs pas un cadeau de se retrouver en stage avec lui. Il te faisait clairement sentir mal. Car tu avais vite mauvaise conscience.

Une fois, je me suis retrouvé avec lui en stage d’altitude, il ne s’arrêtait pas de la journée. On roulait ensemble puis quand on faisait la sieste, tu le voyais repartir. Un matin, je l’ai vu se lever vers 6 h pour faire du home-trainer. Il était actif toute la journée. Mais c’est ça qui l’a fait progresser et grâce à lui, le niveau de l’équipe a été également tiré vers le haut.

Côté luxembourgeois, je suis passé pro au moment où les frères Schleck et Kim Kirchen étaient au sommet. J’ai bien vécu ça, car on était bien accueilli en tant que Luxembourgeois. Je me souviens notamment du Gala Tour de France. Il y avait eu un monde fou pour voir les Schleck et j’ai pu profiter de ça, c’était vraiment super. Et lorsqu’on disputait les championnats nationaux, il y avait beaucoup de monde sur le bord de la route et j’ai pu en profiter.

J’ai aussi profité de cette euphorie. Ils m’ont tous aidé à mes débuts en me glissant des conseils et je me souviens du petit mot que Frank Schleck a glissé aux oreilles de Vincent Lavenu au moment de mon embauche, comme quoi il avait fait un bon choix. Cela m’avait touché, il n’était pas obligé. J’ai fait ma carrière sans avoir autant de succès, mais je suis bien content de mon parcours. J’ai bien profité de ces douze ans, j’ai fait plus que je ne l’aurais pensé.

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