Ils me faisaient confiance et je leur faisais confiance

Tout au long du Tour de Luxembourg, Ben Gastauer chronique ses impressions de douze ans de carrière dans le quotidien

le quotidien du 17/09/2021

Je vais terminer ma carrière dans l’équipe où je l’ai commencée et c’est vrai que ce n’est pas banal. J’ai eu au cours de ces douze années un lien spécial avec AG2R. Cela veut dire que ça fonctionnait bien entre nous. Ils me faisaient confiance et je leur faisais confiance. Il s’agissait d’une confiance réciproque. Je suis fier d’avoir eu cette relation avec l’équipe et avec Vincent Lavenu.

Malgré ma blessure et ma situation, il m’a laissé ce choix de continuer. «Si tu veux continuer, m’a-t-il dit, tu peux continuer. Mais il faut juste que tu sois honnête.» Je suis content qu’il m’ait laissé ce choix à la fin, car je sais très bien que dans la plupart des équipes, cela aurait été fini. On ne m’aurait même pas prévenu qu’on ne comptait pas sur moi pour l’année suivante! J’ai fait mon choix et je termine donc ma carrière ici, sur le Tour de Luxembourg.

L’autre grande personnalité qui m’a marqué, c’est Jean-Christophe Péraud. C’était un personnage à part, il faut dire qu’étant venu du VTT, il est venu très tard sur route. C’était un plaisir, en 2014, de faire chambre avec lui lorsqu’il a terminé deuxième. J’ai vécu trois semaines assez exceptionnelles et cela me fait des souvenirs pour la vie. On s’entendait et on s’entend toujours très bien. Dans ce Tour de France 2014, je me souviens avoir eu un rôle, car Jean-Christophe, en dehors du vélo, est spécial, un peu ailleurs.

Mon rôle n’était pas seulement de l’aider en course. Je devais aussi lui dire quand on devait quitter la chambre, quand on devait faire la valise. Je devais gérer pour qu’on ne soit pas en retard, c’était un rôle important. Cela me faisait toujours rire ce côté tête en l’air. Il devait m’apprécier, car on rigolait bien ensemble, j’étais honnête avec lui et il s’était rendu compte qu’il pouvait me faire confiance. Je me donnais aussi à fond pour lui.

On partageait beaucoup, même quand ça allait plus mal en course. On ne se fâchait jamais. Je lui remontais le moral. Dans nos conversations, il y avait une partie débriefing de l’étape, le reste, on discutait de tout et de rien. Un jour, il avait eu un problème de plomberie avec son chauffe-eau. On en avait parlé des jours et des jours, il avait une formation d’ingénieur, ce genre de choses le passionnait. Il pouvait être tête en l’air, mais cela disparaissait lorsqu’il se posait sur le vélo. Il voyait des choses simples à améliorer et, grâce à lui, on a progressé sur notre matériel. Il était très pointu sur les entraînements et le matériel.

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